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10 septembre 2010
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A la démarche du cabri, on sait si …

«Le mensonge n’a qu’une jambe, la vérité en a deux » (Proverbe hébreu) 

            Le procès qui devait se tenir hier au Palais de justice de Lomé et qui répond à une plainte de M. Faure Gnassingbé qui ne semble pas se reconnaître une quelconque incapacité à bien gouverner tel qu’écrit dans le quotidien LIBERTE, a été reporté au 29 courant. Un proverbe togolais dit que « c’est à la démarche du cabri qu’on sait s’il doit faire une bonne sauce ». Il y a lieu de s’étonner encore une fois que le chef de l’Etat s’étonne qu’on ne voie pas en lui un bon dirigeant. Nous sommes bien au regret de le lui rappeler.

            Quand le président John Atta-Mills du Ghana est arrivé au pouvoir, l’une des actions prioritaires de son gouvernement a consisté à décréter la diminution du train de vie de l’Etat, entre autres : moins de voyages à l’étranger, moins d’investissements dans les manifestations festives à caractère national. Selon le professeur Mills, l’objectif visé, c’est de donner plus de chance au développement du pays et favoriser l’augmentation du pouvoir d’achat du Ghanéen. Au Togo, qu’il y ait crise économique ou pas, que les Togolais connaissent des temps de vaches maigres ou grasses, le train de vie de l’Etat est le même. Au cours du premier mandat de Faure, lui et son gouvernement s’étaient recroquevillés derrière l’argument selon lequel, il n’y avait pas d’argent.

            Mais tous les Togolais ont vu la taille que l’investissement qu’il a fait lors de la dernière campagne électorale était loin de celle d’un pays comme le Togo où des Togolais continuent de mourir en ce 21ème de morsure de serpent dans les zones rurales par manque de vaccin anti-vénimeux dans les centres de santé et dispensaire, où les Togolais meurent par manque de médicaments appropriés pour les premiers soins, etc. Aujourd’hui le niveau de pauvreté est tel que des maladies qui ont cessé de tuer dans d’autres pays dits en voie de développement continuent de tuer les Togolais.

            Si les dirigeants actuels étaient réellement préoccupés par le développement du pays,  la construction d’une justice équitable et indépendante, la bonne gouvernance, la promotion de la démocratie, l’amélioration du pouvoir d’achat des Togolais, le changement des mentalités, on l’aurait vu, tous les Togolais qui ont des yeux pour voir, l’auraient vu. Spontanément, quelle que puisse être l’antipathie d’une bonne partie des Togolais pour « le fils de la Nation », au moins le Togolais n’est pas ingrat, il sait être honnête et reconnaissant et cela aurait largement fait le tour. On en aurait grandement parlé.

Faure voyage sur des fonds de l’Etat. Comment les Togolais pourraient-ils lui pardonner de les narguer depuis plusieurs semaines par des voyages qui n’en finissent ? Voilà qu’on essaie de chiffrer ses dépenses de voyages et qu’il intente un procès. La semaine dernière au cours d’une émission interactive, un compatriote appelle et déclare par rapport aux procès en cascade : « il faut que les journalistes arrêtent d’insulter le président de la République, de l’exposer sur les médias ». Voilà un quidam qui n’a rien compris. S’il pense que dire la vérité à quelqu’un, c’est l’insulter, c’est qu’il n’a rien compris. Ceux qui ne veulent pas qu’on les critique n’ont qu’à se corriger et mieux faire ou bien se retirer de la vie publique.

Quand on voit qu’aucune politique des grands travaux n’a jamais réellement démarré avec Faure, et que c’est soit la transformation des sentiers ou ruelles de Lomé en rues de 40m avec de la poussière, soit c’est le rafistolage ou le replâtrage continuel des rues goudronnées qui se poursuit comme entre 2005 et 2009, quand on voit qu’au lieu de chercher à refaire des caniveaux, on se contente de fabriquer des dallettes pour fermer ceux qui n’en ont pas,  etc, on est tenté de dire que c’est à sa démarche que l’on reconnaît que le cabri pourra faire une bonne sauce. On est aussi presque tenté de dire que le long séjour du tronc d’arbre dans l’eau ne saurait le transformer en caïman. En attendant, Faure continue de narguer les Togolais. Dans dix jours exactement, il s’envole à nouveau.

Alain SIMOUBA

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